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Présidentielles tunisiennes: le grand défi

Publié le par Marine HAY

Quelle différence entre un soulèvement populaire et une révolution, si ce n'est la mise en place d'un système politique, économique et social pérenne? A la Tunisie de franchir le pas...

Dimanche 21 décembre, les Tunisiens voteront pour le second tour des présidentielles. Ils auront le choix entre le président sortant Moncef Marzouki et le chef du parti anti-islamiste Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi.

Quelque soit le résultat du scrutin, les mêmes challenges attendent l'élu.

Former un gouvernement

Depuis quatre ans, démissions et remaniements sont monnaie courante. En cause, la nouvelle constitution qui donne un rôle volontairement affaibli au président (la constitution précise que l'exécutif est entre les mains du président ET du gouvernement).

Sans le soutien du parlement, pas de gouvernement.

Or la formation d'un gouvernement d'union nationale sera d'autant plus délicate que la vision politique des deux principaux candidats s'opposent frontalement et qu'ils ont chacun annoncé qu'il refuserait toute alliance avec le camp adverse.

Rajoutons encore que la constitution tunisienne ne permet pas de cohabitation.

La solution n'est pas de mariage forcé donc, mais quoi? Plutôt un mariage arrangé... Nidaa Tounès y travaille déjà avec les partis de l'union patriotique libre, et la gauche du Front Populaire.

Tout cela dans l'hypothèse où le perdant de l'élection accepte sa défaite, et s'inscrive toujours dans le jeu démocratique.

Si le futur président parvient à tenir les rênes de l'état, il lui faudra quitter le monde merveilleux de la politique politicienne, et s'attaquer à une question fondamentale: la sécurité.

Éloigner la menace terroriste

Les élections elles-mêmes sont d'ores et déjà menacées. Jeudi, des menaces djihadistes pesaient déjà sur le vote. Rallié au groupe de l'état islamique, deux hommes ont revendiqué l'assassinat de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

La frontière-passoire avec la Libye, où un réseau mafieux prolifère grâce au marché noir, fait partie des dossiers les plus urgents. Car sans une sécurité absolue, impossible de faire revenir le tourisme et les investisseurs.

Sauver l'économie, réconcilier les Tunisiens

Ce serait également un signe positif pour enfin mobiliser la communauté internationale, à l'action moribonde. La Tunisie, qui a établi un plan d'action en 2004 avec l'Union Européenne dans le cadre de la politique de voisinage, pourrait ainsi débloquer une partie des 18, 2 milliards d'euros dédiés à cet outil.

Sans doute une telle aide bénéficierait en premier à l'économie, le nerf de la guerre. Bien utilisée, elle permettrait d'estomper la fracture sociale entre les différentes régions (la côte, le sud, l'intérieur), et aider à la réconciliation des Tunisiens, soit l'autre grand défi présidentiel.

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