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Syrie : et les Kurdes dans tout ça ?

Publié le par Marine HAY

  Les Kurdes, grands oubliés de la guerre civile syrienne, sont pourtant bien présents dans leurs petits fiefs. Après quinze jours d'affrontements entre les troupes de Bachar et l'Armée syrienne libre, dans la ville de Rass al-Ain (Sêrékaniyé en kurde), les Kurdes ont été quelque peu absents. Il a donc fallu que  Saleh Muslim, le chef du PYD, le principal parti kurde syrien vienne rappeler l’engagement des Kurdes dans le conflit syrien et dénoncer l’ingérence turque au sein de la coalition.


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Évidemment, d’Est en Ouest, du Nord au Sud du Kurdistan, l’ennemi des Kurdes est toujours le même : la Turquie. Et Saleh Muslim l’a rappelé avec véhémence, le 26 février, lors de sa conférence à Paris. Puur lui,  le régime syrien était le meilleur ennemi de la Turquie - du moins quand le sujet a trait aux Kurdes. 

 

Car avant le début du conflit, le président Erdogan n’aurait eu aucun remords à s’accorder sur le sort réservé aux Kurdes.  Mais une fois  l’air du temps un peu roussi pour son homologue, il était temps pour la Turquie  de chercher d’autres alliés en Syrie, et de pousser la coalition dans un conflit armé (ce à quoi les Kurdes s’opposaient dans un premier temps, préférant réserver l’usage des armes à l’auto-défense, sous peine de se voir taxés du sobriquet de terroristes par Assad). Un soutien aux révolutionnaires, conditionnés à un consensus sur la question des Kurdes.


Pourtant, Saleh Muslim a rappelé que les Kurdes aussi ont pris les armes contre le régime. Certes, cela a servi leurs propres intérêts : créer leurs propres infrastructures administratives dans le Kurdistan Syrien, administration dont la plus haute instance est le conseil suprême kurde, qui soutient bien sûr la révolution, mais aussi et surtout (dans un premier temps ?), la reconnaissance de l’identité nationale des Kurdes dans la constitution syrienne.
Or ce conseil suprême Kurde est aujourd’hui rejeté de la coalition. A qui la faute ? Oui, encore les Turcs. « Les frères musulmans s’opposent à notre entrée dans la coalition » a rappelé Saleh Muslim, n’hésitant pas à affirmer que derrière les frères musulmans, Ankara était à la manoeuvre.
 
En revanche, si la situation est bloquée côté coalition, Saleh Muslim se réjouit d’un accord qui pourrait bien faire avancer les choses dans le conflit entamé le 15 mars 2011.  Un accord de paix a été signé entre les forces kurdes et l'armée syrienne libre.

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