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Émirats Arabes Unis: un camp de réfugiés VIP

Publié le par Marine HAY

      Depuis le début du conflit en Syrie, Dubaï et les autres émirats du Golfe sont devenus un refuge privilégié pour les Syriens fortunés. Stabilité politique, économie florissante... Autant d'atouts qui ont même convaincu des membres de la famille de Bachar Al-Assad s'y installer.

 

Publié dans le courrier de l'Atlas du mois de décembre 

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Les Émirats Arabes Unis n'ont pas signé les conventions de Genève de 1949, qui définissent des règles de protection des personnes en cas de conflit armé, et n’ont donc pris aucun engagement pour l’accueil des réfugiés syriens. Les instances dirigeantes ont même mis en place des mesures visant à ralentir leur afflux par crainte que le conflit ne menace leur tranquillité. L’octroi de nouveaux visas de résidents a été restreint, et les Syriens déjà installés rencontrent dorénavant des difficultés pour faire renouveler leurs papiers.

“Certains ont commencé à émigrer dès le début des affrontements, précise Ghassan Aboud, un homme d’affaires syrien installé à Dubaï depuis bientôt trente ans. Mais ils ne sont ar- rivés en nombre que lorsque le conflit s’est transformé en révolution armée.” Parmi ces nouveaux arrivants, une catégorie a paradoxalement été ac- cueillie à bras ouverts : les riches. La plupart disposent d’une double nationalité, qui leur permet de s’installer encore plus facilement dans l’un ou l’autre des émirats.

Un paradis immobilier

Avec la guerre, l’économie syrienne a plongé. Les investisseurs cherchent des cieux plus cléments pour placer leur argent ou établir leurs sociétés. “C’était inévitable, explique Giyas Gokkent, chef du groupe d’écono- mistes à la NBAD (National Bank of Abu Dhabi). Quand un marché s’effondre, l'économie s'épanouit ailleurs. Nous avons constaté le même phénomène lors de la crise au Bahreïn.”

Il faut dire que les Emirats ont tout d’un havre de paix pour businessmen inquiets. Avec leurs zones franches, leur monnaie stable, convertible en dollars, et leur absence de taxes, ils occupent la 23e place au classement mondial des pays où il est le plus facile de faire du business (Ease of doing business index) – et le premier rang si l’on s’en tient au Moyen-Orient.

Après la crise de 2008, qui avait fait exploser la bulle spéculative immobilière, les affaires ont repris. Notamment à Dubaï. Depuis un an, le prix de l’immobilier à l’achat a bondi de 20 % au bas mot. Et Abou Dhabi suit le même chemin : la valeur des maisons a augmenté de 26 % entre septembre 2012 et septembre 2013. Le marché attire quiconque cherche à placer de l’argent. C’est en tout cas ce que constate Loshini Lawrence, manager chez Better Homes : “Cet été, notamment, nous avons vu beaucoup de résidents syriens acquérir des biens dans les émirats, faute de pouvoir investir dans leur propre contrée.” Une attraction des investisseurs pour les pays du Golfe que Giyas Gokkent met sur le compte de la crise en Europe.

La stabilité politique des Emirats est un autre atout pour les Syriens, qui y retrouvent un mode de vie proche du leur. Ici, pas de parti politique, et surtout, aucune raison qu’un quelconque soulèvement ait lieu. Contrairement à l’Egypte, par exemple, où après avoir émigré en masse, les Syriens sont désormais sous le coup de mesures de restrictions depuis le renversement de Mohamed Morsi. “Il n’y a pas non plus de limitations sociales, comme c’est le cas en Arabie saoudite”, ajoute Goyas Gokkent. Les nouveaux arrivants peuvent ainsi compter sur la communauté syrienne, qui figurait parmi les plus importantes du pays bien avant 2011.

Avec femme et enfants

Ces conditions plus que favorables ont poussé Abdallah* à y créer, en janvier dernier, une société qui opère dans les médias. Après avoir passé quelques mois à Beyrouth, l’entrepreneur a envisagé plusieurs solutions : “Les Etats-Unis et l’Europe étaient une option, mais je voulais rester dans la région. J’ai pensé au Bahreïn, à l’Egypte, la Turquie, la Jordanie. Mais j’ai vu que dans mon domaine d’activité les Emirats offraient un beau potentiel, explique-t-il. Je n’ai eu aucun mal à obtenir un visa et le permis de résidence, et l’ouverture d’un compte a été facile. C’est le cas pour tous ceux qui ont un business à installer. Il est certain que le pays est plus accueillant pour ceux qui créent des opportunités que pour ceux qui en recherchent une !”

Comme beaucoup, Abdallah a choisi de ne pas émigrer seul ; son frère et sa sœur, ses associés, l’ont suivi. Et s’il fait partie de la classe sociale la plus élevée, il rapporte que des investisseurs plus modestes se lancent aussi dans l’aventure, leur famille sous le bras. Ils viennent y ouvrir des entreprises dans les domaines d’activités qui étaient les leurs en Syrie, notamment la restauration ou le textile.

“En obtenant une licence commerciale, on obtient aussi plusieurs permis de résidence, auxquels peuvent être ajoutés des visas pour les membres de la famille”, témoigne Abdallah. Mais l’opération coûte cher : il faut compter le prix de la licence, qui varie selon l’émirat, puis ajouter les taxes liées au dépla- cement du capital, ou encore le coût des visas. “J’ai entendu dire qu’il fallait 50 000 dihrams (10 000 euros, ndlr) pour établir un business à Ras Al- Khaimah. Pour une famille de quatre personnes, cela peut donc faire grimper la note à 15 000 euros”, rapporte-t-il.

Un repli doré le clan Assad

Les Emirats arabes unis préfèrent accueillir les Syriens qui présentent un intérêt économique pour le pays. De leur côté, les Syriens y trouvent un terrain propice pour abriter leur business. Ce qui compte, ce sont les moyens, pas les opinions. La relative neutralité politique du pays a ainsi permis aux partisans de Bachar Al- Assad d’y trouver refuge. Certes, le pays s’est aligné avec ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe pour apporter son soutien aux rebelles, mais ses dirigeants sont restés mesurés. Un atout non négligeable, qui fait presque figure d’exception dans le monde arabe. “Les options ne sont pas nombreuses pour les supporters du régime d’Assad. Ils ne peuvent se rendre qu’au Liban ou aux Emirats”, précise Abdallah.

La famille de Bachar Al-Assad elle-même a trouvé refuge à Dubaï. En septembre 2012, Bouchra, la sœur du dirigeant syrien – épouse d’Assef Shawkat, ministre de la Défense tué en juillet 2012 – y scolarisa ses enfants dans une école privée. Puis, en janvier dernier, ce fut au tour de Anisah Makhlouf, la mère de Bachar, veuve d’Hafez, d’y rejoindre sa fille. Les Assad se retrouvent dans la même ville que d’anciens proches ayant fait défection au régime. C’est le cas de Firas Tlass. Alors que son père, Mustapha, ministre de la Défense d’Hafez Al-Assad, et son frère cadet se sont exilés en France, lui a opté pour Dubaï : “J’ai déménagé aux Emirats il y a un an et demi, mais cela fait quatre ans que j’y dirige mon entreprise de services lo- gistiques. Le pays est accueillant, il est facile d’y commencer une nouvelle vie.”

* A la demande des interviewés, les noms ont été changés. 

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investissement 18/06/2016 19:48

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