Entre
Orient et Occident, il existe une différence dans les rapports qu'entretiennent hommes et femmes.
Les ballades main dans la main, les baisers des bancs publics, la dernière rupture de Susan Mayer et Mike Delfino. De Brassens à Desperate Housewives, la
relation des sexes opposés fait l'objet de toute notre attention. Le couple se met en avant, le sexe n'est pas un tabou. Dans la vie des occidentaux, peu de différences: nous aimons nous
exhiber en couple, nous parlons d'amour, de ce qu'on ressent pour son conjoint, ou de la haine qu'on lui porte après une rupture. La culture occidentale s'est libérée de cette pudeur qu'imposait le
poids des moeurs. Est-ce un bien ou un mal? Je ne suis pas objecteur de conscience.
Tout ce qu'on peut dire, c'est que les rapports entre les hommes et les femmes dans la culture arabe adopte des codes. Implicites mais clairs.
Bien sûr, beaucoup de jeunes vivent à l'occidentale, mais seulement entre eux, loin du regard de leurs parents, entre amis. Ils fréquentent souvent des occidentaux et vivent dans le rejet complet
de leurs traditions. Généralement, les contacts suivent des codes sous-entendus, en présence de la famille et même entre jeunes arabes. La société se charge de la bienséance. Le plus grand nombre
décident des us et coutumes. De peur d'une quelconque rumeur, chaque rencontre a lieu en présence d'un tiers, il est rare q'un homme et une femme restent seuls.
Pour les mariages, car il faut bien passer le pas, les époux se choisissent selon des critères rationnels: situation professionnelle,
nationalité. Au premier abord, le sentiment amoureux ne compte pas. Quelle place laisse-t-on à la fameuse sensualité orientale? Où est donc passé le fantasme de la femme orientale, objet de tout
les désirs? Je pense qu'il ne faut pas s'arrêter à cette stricte apparence de rigueur. Toutes ces règles exacerbent selon moi la concupiscence. Les rares rencontres prennent un sens très fort.
Alors que dans les capitales européennes, la proximité telle que celle du métro se banalise, en Orient, cela n'est même pas imaginable.
Le Caire, juin 2008. Rana est enceinte de 7 mois, elle est mariée depuis moins d'un an. Elle a 23 ans. Elle vit chez ses parents où elle
préfère attendre son bébé plutôt que chez elle, cela la rassure, et il y a moins d'étages à monter. Son mari vit avec elle, chez ses beaux-parents. Il travaille la journée, et les retrouve tous le
soir. Il est palestinien, comme elle. Quand il rentre, elle lui tend la main, furtivement, sans même croiser son regard. Il mange, il part se coucher, pendant qu'elle reste devant la télévision.
Que se passe-t-il dans leur chambre quand elle le rejoint? Mes connaissances s'arrêtent là.
Ces femmes jouent le rôle de mère avant le rôle d'épouse. La relation entre un enfant et sa mère importe beaucoup, contrairement à la relation
de couple.
Nour, la série choc
Tous les soirs, la famille de Rana, son père, sa mère et ses soeurs, qui rendent visite tous les jours à leurs parents se retrouvent. Ils
montent le son de la télévision toujours allumée pour regarder Nour. Il s'agit d'un série turque doublée en arabe (syrien), dans le genre des Feux de l'amour, avec des acteurs un peu plus jeunes.
"Un savant mélange d'amour "libre" à l'occidental et de valeurs arabes et mulmanes" nous dit l'observateur, site de France 24. On y suit les déboires de Nour et de son mari mais aussi d'une
multitude d'autres personnages. Divorce, disputes, tourments constituent l'intrigue de la série. J'ai été assez surprise qu'on y filme des gens dans leur lit ( certes moins dénudés que dans les
séries américaines), ou qu'on y parle de divorce. Ces aventures font scandale évidemment, mais on regarde tout de même. Les sujets sont un peu plus dilués que ceux de Desperate Housewives, mais
cela ne m'a pas empêché de me demander si bientôt, on ne trouverait pas un Sex and the City version Cairote, sûrement bien avant de le trouver dans les rues.
Les deux personnages principaux de Nour, la série qui passionne le monde arabe
:
Pour suivre la vie du moyen Orient, pour des voyages touristiques, pour suivre l'actualité et la politique, rendez-vous sur EmArU. Emirats Arabes Unis, Iran, Egypte, Maghreb voici quelques réflexions sur un monde fascinant