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Crise des migrants : La solution est-elle en Turquie ?

Publié le par Marine HAY

Si la question fait débat au cœur de l’Europe, à sa porte elle fait l’objet d’un consensus sociétal, et donc politique, depuis le début du conflit en Syrie. En Turquie, la proposition de François Hollande est mal perçue.

Génocide arménien, PKK, révoltes populaires, les Turcs n’aiment pas qu’on s’immisce dans leurs affaires. Chez eux, c’est chez eux, et personne ne vient leur asséner sa bien-pensance.

Il en est de même pour les réfugiés. Près de 2,2 millions de réfugiés Syriens vivent en Turquie. La plupart vivent dans des camps, situés le long de la frontière. Des camps qui contrairement à ceux établis en Jordanie ou au Liban ne sont pas gérés par le HCR, mais par la Turquie elle-même. L’organisme onusien se contentant « d’épauler » les autorités… et de verser une aide financière de 320,16 millions de dollars pour l’année 2015. Une subvention qui ne donne pas droit à l'ONU de mettre son grain de sel dans les affaires turques, surtout quand on sait que le pays a déboursé 7,6 MILLIARDS de dollars pour les réfugiés depuis le début du conflit syrien. « Le HCR voulait gérer mais pas payer » ironise l’ambassadeur de Turquie en France, Hakki Akil.

Son pays ne serait pas contre une aide plus conséquente -C'est d'ailleurs le sens de la déclaration de l’ambassadeur de la Turquie à l'ONU, en février dernier - Mais jusqu'à présent, la Turquie s'est accommodée de la situation. Pourquoi en serait-il autrement? Puisque contexte n’est pas source de tensions internes... La société n’a pas manifesté d’oppositions à l’arrivée de ces migrants, même lorsqu'il sont devenus majoritaires dans certaines villes frontalières. « La Turquie est une terre d’accueil » insiste Hakki Akil. Ce dernier aime d’ailleurs à rappeler qu’aucun parti n’a politisé la question.

Ces migrants, bien accueillis en Turquie, François Hollande et Matteo Renzi proposent qu’ils y restent ! Quant à ceux qui ont vocation à poursuivre leur voyage vers l’Europe, les dirigeants européens souhaitent la création des "hotspots", des centres d'accueil devant permettre l'enregistrement des demandeurs d'asile et le raccompagnement vers leur pays de départ, "dans le respect", de ceux qui n'y ont pas droit. Les Turcs imaginent déjà les dérives d'une telle mesure. De quels renseignements parle-t-on? D’autres critères pourraient-ils être pris en compte dans ces hotspots? Comme le niveau d’études, ou les qualifications?

N'est ce pas un début d'immigration choisie?

Cette “culture du tri” scandalise ceux qui sont fiers d’avoir accueilli les réfugiés sans distinction: “Il est honteux de choisir les mieux placés plutôt que de prendre les plus démunis” affirme Hakki Akil.

Pire. Et si le choix se portait sur l’appartenance religieuse? Voilà qui satisferait sûrement la Slovaquie, la République Tchèque ou encore la Hongrie, des états européens qui ont fait part de leurs réticences à accueillir des musulmans.

Heureusement, c’est encore l’Allemagne qui mène la danse en Europe et celle-ci ne s’est pas fait le chantre d’un tel critère. Gageons encore que l’enregistrement des réfugiés en vue d'un accueil digne en Europe pourrait permettre d’établir de manière plus sure l’identité des réfugiés. Et de rassurer ceux qui voient dans ces populations un potentiel risque terroriste.

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