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Les émigrés qui romancent leur mère patrie

Publié le par Marine HAY

Pour comprendre le moyen orient, il n'est pas toujours nécessaire de le visiter. Tout simplement parce qu'on est un touriste et que les locaux nous considèrent comme tel. Au fond d'un bus climatisé, au bord d'une piscine chlorée, ou attablé autour d'un buffet plus français qu'exotique, il est difficile de cerner ce qui fait la vie quotidienne des Turcs, des Iraniens, des Égyptiens, ou des Afghans (à l'époque où il y avait encore des touristes, et ça remonte à loin). La télévision bien sûr apporte son lot de vérité, mais souvient brute, sans les clés d'un monde de conventions et de sous-entendus.

 

Heureusement, il y a les livres. Ah! Passer quelques heures à voyager, à sentir, à voir, et à s'émouvoir. Plusieurs écrivains se font les passeurs d'un monde à l'autre. C'est un statut qu'il revendique à force de mots. Plusieurs d'entre eux ont vécu "là-bas", les premières années de leur vie, avant de fuir leurs pays: Khaled Hoseini, Atiq Rahimi. D'autres se sont servis d'une atmosphère qui leur est familière, de coutumes et de traditions familiales, comme Elif Shafak et sa bâtarde d'Istanbul. Tous ont pour point commun de connaître le mode de pensée occidental, au point de l'avoir souvent assimilé. Grâce à leur littérature, ils replongent au coeur des souks de leur enfance avec nostalgie et nous emmenent avec eux.

 

Alors, parez vous de vos plus beaux bijoux clinquants, d'une Oud envoutante, entrainez vous au youyous et rentrez dans le monde merveilleux des mille et un livres.

 

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Haut dans le ciel de Kaboul

Publié le par Marine HAY

Khaled Hoseini, Les cerfs-volants de Kaboul


Les cerfs-volants. C'est enfantin. Les enfants du monde entier y jouent. Mais à Kaboul c'est une véritable compétition qui anime les rues, lorsqu'à la fin de l'hiver, la neige parsemant encore les trottoirs, les petits Kaboulis s'affrontent pour savoir qui fera voler son cerf-volant le plus longtemps.

Il fut un temps où les commerçants, le propriétaires terriens, vivaient dans une opulence toute occidentale: grosse voiture, cigare et alcool. Puis survint la guerre, ils perdirent tout. Le père d'Amir fait partie de ceux-là. Homme de pouvoir, il est veuf et vit dans sa demeure avec Hassan, son serviteur et le fils de ce dernier, Sohrab. Baba, comme l'appelle Amir, ne fait pas la prière. Il emmène volontiers son filsau cinéma, et ne crache pas devant un petit verre. Alors quand la guerre lui fait tout perdre, il décide de fuir. D'abord au Pakinstan, puis aux Etats-Unis. Pour lui, le rêve américain a l'odeur de l'essence dont il remplit les grosses berlines à la pompe. Amir, pour sa part, prend un nouveau départ. Il étudie, et oublie. Il essaie, du moins. Il oublie sa jalousie, son irresponsabilité, son acte impardonnable. Il grandit, aussi. Au sein de la communauté afghane aux Etats-Unis, il se marie. Et un jour, Baba est malade, il meurt quelques mois après. La vie continue. Jusqu'à ce jour. Ce jour, où le téléphone sonne et où son passé le rattrape. Alors qu'il mène une vie rangée, sans histoires, il doit retourner dans le pays qui l'a vu naître, pour sauver un enfant. Et cet enfant est la clé de son repos, du rachat de sa conscience. Il va replonger, dans un afghanistan qu'il ne reconnaît pas et qu'il va devoir affronter.

Le premier roman à succès de Khaled Hoseini présente un thème omniprésent dans l'oeuvre et dans la vie du romancier, celle de l'enfance, et de la paternité. Un sujet tout aussi important dans le subconscient du moyen orient, où les enfants sont choyés, considérés comme des êtres purs, et signe de richesse. Autre thème récurrent, de Khaled Hoseini, la piété. Le père, impie mais moral s'oppose aux talibans qui pronent une religion stricte et cruelle. Entre ses deux figures, celle de l'homme qui s'en remet à Dieu, lorsqu'il est perdu.

 

Khaled Hoseini, Les Cerfs-volants de Kaboul link

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Turquie, ton secret transporte

Publié le par Marine HAY




Quand une jeune Américaine d'origine arménienne, Armanouch Tchakmachian, débarque à Istanbul chez sa belle-famille Turque, les Kazanci, elle ne s'attend pas à découvrir un clan aussi hétéroclite. Avec Asya, une jeune fille de son âge, en conflit perpétuel avec sa mère, elle va découvrir les beautés d'Istanbul, les touristiques, et les moins visibles, celles que fréquente Asya, et ses amis. Entre les deux jeunes filles, un dialogue va se nouer, sur la question du génocide arménien, qui nous est donné à voir à travers les visions d'une des tantes. Elles évoquent aussi aussi la vie des femmes, aux Etats-Unis, et en Turquie, leur éducation, leurs amours, leur avenir. Il faut dire que l'oeuvre d'Elif Shafak est aussi une ode à la femme turque, mystique, scandaleuse, toujours tourmentée. Elles sont omniprésentes dans son œuvre, à moins que ce ne soit les hommes qui soulignent leur exubérance par leur silence, leur lâcheté et même leur culpabilité.

 

Elif Shafak, La Bâtarde d'Istanbul, chez Phébus. http://www.amazon.fr/B%C3%A2tarde-dIstanbul-Elif-Shafak/dp/2752902786.

 

Elif Shafak a écrit également Bonbon Palace. Si vous l'avez lu n'hésitez pas à en faire part.

 

 

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