Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La politique des idées est morte. Place à la politique de posture !

Publié le par Marine HAY

Lorsqu’il est question du conflit au Proche-Orient, l’action politique somnole depuis une vingtaine d’années. Certes, les accords d’Oslo ont bien été suivis par une succession de conférences, d’accords, d’initiatives de paix, aux quatre coins du monde. Camp David, l’initiative de paix arabe de Beyrouth, et bien d’autres rencontres bilatérales, poignées de mains, et conférences de presse. Concrètement, elles n’ont été suivies d’aucun effet sur le terrain. Pour ceux qui s’y sont frottés, il s’agissait plutôt de donner leur point de vue, leur visionde ce que devait être « la paix au Proche-Orient », de comparer la clairvoyance de leurs diplomates à celle du voisin, bref, de donner quelques coups de menton, en prétendant résoudre la quadrature du cercle. L’initiative du paix au Proche-Orient avait au moins un mérite. Initiée en juin par la France, elle avait ouvert une nouvelle ère : elle se donnait pour humble objectif de rappeler aux bons souvenirs des acteurs qu’ils s’étaient un jour entendu… Pour se mettre d’accord.

 

Quelques actions incitatives (le principe de priviledged partnership ) étaient évoquées, ici ou là, mais il n’était pas question d’actions immédiates. Seulement d’idées.

 

L’initiative de paix au Proche-Orient se voulait une conférence de témoignage, un instantané des positions de la communauté internationale sur le sujet en 2016, murmurait-on au quai d’Orsay. Et c’est ainsi que ce dimanche 15 janvier, 70 pays et organisations ont réaffirmés qu’ils soutenaient une solution négociée à deux états. Ils se sont félicités de la récente résolution 2334, votée à l’ONU, ont eu un mot pour « la situation dramatique de Gaza », et ont enfin sermonné chacun pour qu’il respecte le droit international.

 

À première vue, pas de quoi réveiller les susceptibilités des premiers concernés… Et pourtant ! Les Israéliens ont d’emblée pris en grippe le projet, jusqu’à le considérer futile, ne voyant dans la démarche qu’une « imposture ». Mépris également du côté américain, qui voit là une tentative des Frenchies de les remplacer dans leur rôle de négociateur en chef. Et tandis que les représentants des pays invités récitaient tour à tour leurs vœux pieux, un millier de manifestants sont venus montrer leur soutien à l’état hébreu devant les grilles de l’ambassade d’Israël. Et désormais c’est le Royaume-Uni qui empêche le conseil européen d’adopter le texte publié à l’issue de la conférence

 

À lire la fameuse déclaration (en copie ci-dessous), il est bien difficile de dire contre quelles affirmations précitées s’offusquent-ils? En vérité, ne s’agirait-il pas d’un triste jeu d’allégeance ou un camp ou à un autre ? À un alignement atlantiste du Royaume-Uni dans un contexte pro-Brexit? Une politique de posture en somme, qui enterre vivante la politique des idées, déjà mise à nu par la promesse de ne surtout rien faire.

http://www.diplomatie.gouv.fr/en/country-files/israel-palestinian-territories/peace-process/initiative-for-the-middle-east-peace-process/article/conference-for-peace-in-the-middle-east-15-01-17

Commenter cet article