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Accord sur le nucléaire iranien : quelles conséquences ?

Publié le par Marine HAY

Signé en juillet, l’accord sur le nucléaire iranien entre à peine en vigueur. S’il perdure, il permettra aux Iraniens de revenir sur le devant de la scène diplomatique.

Ce fut long à obtenir, et ce n’est pas sûr que cela dure. Mais il faut s’en réjouir : l’accord sur le nucléaire iranien est entériné. Le samedi 16 janvier, l’AIEA (agence de l’énergie atomique) a donné son feu vert pour la levée des sanctions alors que les deux tiers des centrifuges des centrales nucléaires ont été démantelées. A Arak, la calandre a été retirée. Le béton a coulé, et a scellé par la même le sort du nucléaire iranien. Au moins pour un temps, puisque l’accord est signé pour 8 ans.

L’Iran a donc rempli sa part du contrat. Du côté occidental, la levée des sanctions suit également. Le dégel des fonds immédiat est évalué à 32 milliards de dollars, et pourrait s’élever à 100, voire 150 milliards de dollars à long terme, selon des sources diplomatiques.

Dans différents secteurs économiques et financiers, l’Iran va pouvoir sortir de son isolement: banques, assurances, automobiles, aéronautiques, et bien sûr pétrole, mais aussi métaux précieux (l’or notamment). C’est une aubaine pour les entreprises occidentales : un marché de 80 millions d’habitants, aux infrastructures pétrolières vétustes s’ouvre à eux. Seul frein pour ces investisseurs, le « snapback », une mesure qui prévoit qu’en cas de violation de l’accord, les sanctions seraient de nouveau appliquées, et ce, automatiquement.

Car la confiance n’est pas rétablie. Ainsi la position des Etats-Unis reste la même en matière de droits de l’homme, de terrorisme et d’armement. Par exemple, dans le domaine balistique, l’Iran devra repasser. Et pour maintenir les installations nucléaires que compte encore le pays, la république islamique devra passer par un canal d’achat restrictif. En d’autres termes, le conseil de sécurité devra donner son accord préalable. Certains diplomates laissent cependant entendre que cette diète nucléaire n’est pas indéfinie. « D’ici 15 ans, l’Iran pourra redévelopper un programme nucléaire civil », explique l’un d’eux.

Preuve que la normalisation est en marche, Hassan Rohani devrait faire une visite officielle à Paris les 27 et 28 janvier. Déjà prévue en novembre, elle avait été annulée suite aux attentats. Avant son escale parisienne, le premier ministre fera un détour par Rome, où il rencontrera le Pape François.

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