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The Wanted 18, la force de la première intifada

Publié le par Marine HAY

The Wanted 18, la force de la première intifada

Les 18 fugitives (The Wanted 18) a fait l’ouverture du 7ème festival Proche Orient : Ce que peut le Cinéma. Il raconte avec poésie l’aventure du village de Beit Sahour, pendant la première intifada.

Oui, on peut rire de tout. Même de la première intifada. Le défi est assurément de taille, mais il a été relevé avec brillo par le Palestinien Amer Shomali. L’illustrateur a mis en lumière avec un humour burlesque cet épisode de la première intifada: en 1987, le village chrétien de Beit Sahour achète 18 vaches et décide d’organiser le boycott de Tnuva, la laiterie israélienne. Pourtant loin de maitriser leurs douces laitières, les habitants vont vite inquiéter la force d’occupation israélienne.

Car d’emblée, les Israéliens voient d’un mauvais œil ce boycott organisé. D’autant plus qu’au même moment, les habitants cessent de payer leurs impôts. L’armée est décontenancée et décrète que les vaches sont « une menace à la sécurité d’Israël ».

Ahmed Shomali se fait le narrateur de cet aventure, mais il laisse volontiers personnages et vaches s’exprimer. Tous sont animés, mais aussi filmés. Des techniques de reconstitution qui se mêlent, se chevauchent, s’enchevêtrent avec les images d’archives et les interviews des protagonistes.

Le boycott et Oslo : une époque tristement révolue

L’aventure de Beit Sahour tourne court lorsque Yasser Arafat signe les accords d’Oslo.

Parti d’un anecdote, Ahmed Shomali a développé une réflexion pertinente sur la première intifada, comme le souligne Leila Shahid, venu débattre après la projection : « Le film pose une question fondamentale : Oslo a-t-il avorté un mouvement de révolution ou était-ce une brillante idée de '' l’extérieur'' ? »

Lorsque sont signés les accords d’Oslo, Yasser Arafat n’est pas encore revenu en Cisjordanie. Il appartient toujours à cette diaspora palestinienne, qui s’est donné pour rôle de représenter tous les palestiniens. Lorsqu’il serre la main de Yithzak Rabbin, Arafat aurait-il tué dans l’œuf le premier mouvement de révoltes des territoires ?

Le film met aussi l’accent sur la question du boycott israélien en Cisjordanie. Une telle initiative n’est plus envisageable aujourd’hui. Les économies des deux pays sont trop interdépendantes. Des projets de monnaie alternative, d’approvisionnement auprès des agriculteurs locaux sont pourtant étudiés (voir le travail d’ Anne-Cécile Ragot, consultante et créatrice de l’association “There Are Other Alternatives”) mais ils ne semblent pas encouragés par une autorité palestinienne désabusée. C’est pourquoi le mouvement de Boycott, qui fait tant débat en Europe et surtout en France, s'est extériorisé.

Récompensé par le prix du documentaire aux festival d’Abu Dhabi et de Carthage, The Wanted 18 représentera la Palestine dans la catégorie du meilleur film étranger aux Oscars, le 14 janvier 2016.

Le festival Proche Orient : Ce que peut le cinéma, se tient au trois Luxembourg jusqu’au 29 novembre.

Cliquez ici pour voir la bande annonce

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