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Terrestrial Jerusalem : le pire en attendant le meilleur

Publié le par Marine HAY

Terrestrial Jerusalem : le pire en attendant le meilleur

Il est venu nous retrouver au cœur de Jérusalem-Est, au Jérusalem Hotel. Mug de café à la main, curiosité dans les yeux, et rhétorique toute américaine, Daniel Seidemann distribue quelques cartes pour expliquer son combat contre l'occupation. Il est le fondateur de Terrestrial Jerusalem, une ONG fondée en 2010 dont le but est récolter le plus d'informations possibles sur tout ce qui pourrait impacter le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Daniel connait bien le quartier. Contrairement à ses amis de Tel Aviv, qui s'y rendent peu : « ils n'iront pas plus loin que l'american colony hotel, y commanderont un gin tonic, et ils auront l'impression qu'ils font quelque chose de vraiment spécial ! » Daniel appelle ça un « Jewish Safari ». Le reste du temps, ces derniers préfèrent oublier l'occupation.

Lui, s'y confronte. Depuis 25 ans. D'abord comme avocat, il a mené plusieurs combats pour déloger les colons de Jerusalem- Est. Aujourd'hui via son ONG, il explique qu'il communique avec de nombreux organismes, tels que des gouvernements, l'union européenne et mêmes les nations unies.

Depuis son poste d'observation privilégié, il voit les habitants de Jérusalem-Est changer. Surtout depuis juillet dernier, et la mort de Mohammad Abu Khdeir, un adolescent brûlé vif, la population est sur le point de se soulever.

http://www.rtl.fr/actu/international/un-palestinien-tue-par-des-juifs-honore-en-israel-7777435257

« Il y a plus de personnes emprisonnées actuellement que durant toute la seconde intifada » remarque Daniel Seidemann.

C'est pourquoi il milite pour une solution politique. « Le plus gros problème des Israéliens et des Palestiniens est aujourd'hui le même. L'occupation. Pour les Palestiniens, c'est une question de dignité, et c'est aussi essentiel pour Israël, car le pays ne peut pas survivre en tant que puissance occupante. »

Et cela nécessite la création de deux états. En échange de quoi, il espère, une juste reconnaissance d'Israël. En échange de quoi, il sera « en sécurité chez [lui], à trois kilomètres d'ici. »

Il imagine une Jerusalem coupée en deux par une frontière, une ville redevenue capitale, et bien capitale de deux pays. « Pour venir ici le samedi matin, j'aurai alors besoin de mon permis de conduire, mais aussi de mon passeport et de passer une frontière! Est ce c'est sympa ? Non. Est ce que c'est plaisant ? Non. Mais c'est le seul accord possible. » détaille-t-il.

Quant au reste de la Cisjordanie, il envisage un échange de terre. Alors qu'il explique sa position, il ouvre une carte posée devant lui. Son doigt parcourt des lignes plus ou moins précises.

« Il y a aujourd'hui 550 000 colons en Cisjordanie. Si on suit la ligne verte, on n'aura jamais d'accord. L'idée est donc de compenser ce qui est en dehors, par un morceau de terre, égal en taille, et égal en qualité. » L'échange concernerait environ entre 3 et 4% de la surface palestinienne, le reste des colons étant évacué (soit entre 130 000 et 150 000 colons).

Quitte à renforcer la judéisation d'Israël ? Oui, au moins de manière provisoire. Car ce n'est pas la fin du conflit. « Le jour où la frontière est créée, elle commencera déjà à s'éroder. » déclare-t-il. Daniel rejoint le rêve des Palestiniens et des Israéliens vivant ensemble, la frontière ayant fondue dans la création d'un état fédéral...

L'échange de terre assurera, d'après Daniel Seidemann, la continuité du territoire palestinien... Aurait-il oublié Gaza ? Non, mais c'est encore trop compliqué... « L'unité du territoire palestinien doit inclure Gaza, sinon il n'y aura pas d'accord... Mais je ne travaille que sur les prblèmes simples, je ne m'occupe pas des sujets difficiles » lâche-t-il.

Toujours est-il que ses prises de position sont très éloignées de celles du nouveau gouvernement élu. La croissance de la colonisation est exponentielle : entre 5000 et 10 000 nouveaux colons chaque année. « Si le gouvernement Netanyahu gouvernement poursuit la colonisation sous ce gouvernement comme sous les autres, il n'y aura pas d'accord. Et si vous détruisez l'accord, est ce que ca veut dire que les Israéliens et les Palestiniens vont bien s'entendre ? Bien sûr, non ! Jusqu'à maintenant on avait un gouvernement de droite, qui prétendaient négocier. (…) Aujourd'hui, aucun des membres du gouvernement n'est favorable à une solution à deux états. Et quand ils sont favorables à une solution à un seul état, c'est un état sans égalité, un état d'apartheid. »

En revanche, il croit en l'Europe. Plus dans les Etats-Unis. Et en Europe, il verrait bien la France diriger les négociations avec le soutien de l'Allemagne. Un pays qui pourtant insiste plutôt sur "la responsable historique de l'Allemagne envers Israël".

http://t-j.org.il/AboutTJ.aspx

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