Cette semaine à Paris s'est ouvert la FIAC, la foire internationale d'art contemporain. Installée au grand palais,
il s'agit d'un événement d'importance dans le monde de l'art.
Mais l'année dernière, pour la première fois de l'histoire des Emirats, une foire du même type a eu lieu à l'Emirates palace, le plus
prestigieux palace des Emirats. Acceuillant généralement les invités du président, le Sheikh Mohammed Ben Zayed Al Nahyan ce lieu digne des contes des mille et une nuits a acceuilli des
galeristes du monde entier.
Des oeuvres modernes, de peintres ultra-célèbres tels que Picasso, Chagall, Dubuffet ou encore Matisse
étaient présentées par des noms célèbres du milieu comme la galerie Trigano (Monsieur Trigano s'était rendu sur place en personne). Plusieurs tableaux ont trouvé preneur pour des sommes dépassant
sans complexe les centaines de milliers de dollars.
Présente sur le site en tant qu'étudiante de la Sorbonne (plusieurs universités étaient venues "communiquer", les universités arabes
pour attirer les Français, et la Sorbonne pour attirer les riches arabes du golfe, férus de culture française), j'ai pu reccueillir quelques anecdotes, inévitables lorsque deux
cultures aussi différentes se rencontrent:
Une amie émirati, aidant un galeriste venu pour vendre plusieurs oeuvres m'a fait part de l'une des erreurs commises par ce Français: il avait emporté
avec lui des sculptures de chien. Insignifiant et pourtant! L'animal de compagnie qui dort au pied du lit chez nous est interdit de séjour dans les maisons arabes, porteur de maladies, et de
malheur. Le vendeur s'en est revenu avec ces sculptures!
Cela a été l'occasion pour moi de découvrir plusieurs oeuvres d'art, et j'ai eu un grand plaisir à me rendre dans
un lieu aussi somptueux.
Mais peut-être dois-je apporter une ombre au tableau de cet échange culturel. En effet, si l'on étudie la
démarche, d'un coté comme de l'autre, il s'agit toujours d'argent. D'en Gagner d'une part, de montrer qu'on en a de l'autre. Dans un pays à la culture arabe très marquée, qui a accès à la culture
occidentale depuis peu de temps, voire n'y a jamais eu accès pour certaines générations, on peut soupconner que l'achat d'un Chagall n'est pas motivé par l'amour de l'art. Preuve en est: Avant la
foire, une conférence au centre culturel d'Abu Dhabi retracait les grand mouvements artistiques du XXème siècle. Cette conférence avait pour but de donner des informations aux potentiels
acheteurs, incultes en matière d'art contemporain.
On pouvait presque sentir une sorte de gêne du coté arabe. Cela s'est traduit par un besoin d'afficher l'existence
de la culture arabe émirati, à travers une exposition de calligraphie. Les élèves de la Sorbonne ont même été mis au fait des différents lieux culturels, musées et sites archéologiques du pays,
afin de pouvoir répondre à ceux qui voyaient dans les Emirats un pays sans culture ( la séance nous a été exactement présentée ainsi).
Pour conclure, je ferai part du buffet: Petits fours français, patisseries orientales. ¨Pour accompagner le tout,
jus de fruit, vin blanc, vin rouge. Un melting pot bien appétissant!