Raphaël Liogier, professeur à l'IEP d'Aix en Provence, et directeur de l'observatoire du religieux
Fadela Amara: Auteur de Ni pute, ni soumise, figure de la diversité dans le gouvernement Sarkozy, secrétaire d'état à la politique de la ville
Dominique Voinet, en tant qu'élu vert des Banlieues
Elisabeth Badinter, philosophe qui se bat pour le droit des femmes
Abdennour Bidar, philosophe musulman modéré auteur de L'Islam sans soumission. Il possède son blog sur over-blog:link
Mahmoud Doua, Enseignant sur le monde arabo-musulman à Bordeaux 3, qui gère également la mosquée de Bordeaux.
Des Français, des musulmans, des intelectuels et des politiques à la même table, pour disucter, définir et essayer d'éclairer le téléspectateur sur cette polémique. Les thèses étaient toutes différentes mais se recoupaient, parfois, s'affrontaient souvent.
Les thèses les plus censées étaient développés par Abdennour Bidar, Raphaël Liogier. Ces deux hommes connaissent l'Islam et ont prouvé qu'ils étaient à même de contredire, sur le plan théologique les intégristes, mais aussi de développer une analyse sociologique de ce type de comportement. Pour Abdennour Bidar, la Burqa n'a rien de traditionnel au Maghreb et fait preuve d'une radicalisation, d'un néotraditionalisme, puisque c'est plutôt en Afghanistan, qu'il est porté, sous la coupe d'un régime extremiste. C'est pour lui un échec de la "catho-laïcité". Et le mot était lâché, laïcité! Mais Abdennour Doua a eu le courage d'assumer une idée à peu près audible: la laïcité pluraliste, dans lequel l'exercice de la religion en public est interdite mais où la sphère privée sont aidées, financées par l'état (comme la construction de mosquée, qui fait aussi débat).
Peut-être moins compréhensif mais au moins prudent, Raphaël Liogier. Il invoque des raisons républicaines, notamment le partage de l'espace public. C'est annihiler la liberté de chacun que de cacher son visage, et provoque une impossibilité à vivre ensemble.
Du côté des politiques, Dominique Voinet semble très impliquée dans sa circonscription. Et elle soulève une autre question: si ce genre de tenue choque, celle des hommes est tout aussi inadaptée. Le problème n'est donc pas uniquement sur ce vêtement. Elle insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une question d'oppression des femmes, mais plutôt d'une véritable revendication.
De l'autre côté, Elisabeth Badinter, semble passer à côté de l'enjeu. Ces réactions de bonne Française bien pensante, tirant à bout portant contre toutes les formes d'oppression m'agace. Bien sûr que le port de la Burqa est dans bien des cas le fruit d'une oppression directe (un mari l'impose à sa femme) ou indirecte ( milieu social, entourage...). Mais là n'est pas le problème. Le problème c'est celle qui le revendique, comme un affront à la République. Marque de leur non intégration. Car si ses femmes étaient intégrées, elle ne porterait pas le voile. Tout simplement pour des raisons sociales et pratiques. Impossible de travailler avec une Burqa! Impossible de nouer des liens avec les autres sans qu'ils puissent voir leur visage! Et ça, Badinter ne l'a pas compris. Il faut dialoguer, ramener ses extrémistes vers un mode de vie compatible avec la République française, et non pas désigner ces femmes comme des fantômes, qui "n'ont rien d'humain".
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