Mardi 13 octobre 2009
  L'humanité y a fait ses balbutiements. Les trois grandes religions y concentrent leur histoire. Intitulée la création de la Palestine, cette exposition revendique la créativité d'une terre, et d'un peuple bafoué.

 

On ne peut pas parler de la Palestine sans évoquer son histoire et son incertain destin. Et les sujets s'invitent comme thèmes principaux de l'exposition à l'Institut du monde arabe. Peut-être à tort, l'exposition est consacrée à la vie quotidienne des Palestiniens confrontés à un conflit dont ils sont présentés comme les victimes. Mais le but est de montrer que malgré l'état de siège, malgré les armes, les morts et la misère, l'art vit en Palestine. Sur place ou à l'étranger, il cherche son unité, d'où l'importance d'une telle exposition. S'agit-il d'une mode? Il est assez aisé de constater que c'est tout l'art plastique arabe qui tend à connaître un certain succès. Plusieurs signes en sont la preuve à travers le monde. Les ventes aux enchères d'abord, celles de Dubaï en 2007 et 2008 organisées par Christie's, puis cette année l'exposition «New Art from the middle east, orchestrée par Georges Saatchi et présentée à Londres, qui comprenait surtout des œuvres de jeunes artistes. Enfin, et plus proche de notre sujet cette fois, la biennale de Venise a ouvert pour la première fois cette année un espace dédié à la Palestine.

Les supports de l'exposition parisienne sont variés: photos, sculptures sur des os, tableaux, et plus généralement « objets d'art ». Ainsi une tente d'Emily Jacir, sur laquelle les réfugiés des camps ont brodé le nom de leur village, détruits. Ou encore cette pièce, dans laquelle on peut errer, comme projeté dans un autre monde au milieu de ballons contenant des photos d'enfants. Mais le clou, et la force de l'exposition ce sont les films diffusés. Des écrans dans tous les sens. Enchainement de photos sur fond sonore, témoignages de femmes qui vivent dans les camps. L'Odyssée de l'espace à la palestinienne qui a inspiré l'affiche de l'événement attire le public. On y voit la vidéaste, Larissa Sansour, en cosmonaute, s'attribuant la Lune (faute de récupérer son propre territoire?). On ressort de l'exposition, touché, pensif au moins. La rencontre avec ce monde de souffrances ne laisse pas indifférent. Mais c'est aussi un monde d'espoir, où l'enfance tient une place de premier choix, où l'art crie sa volonté d'exister... comme son pays d'origine.


Jusqu'au 22 novembre 2009, à l'Institut du monde arabe, 1 rue des fossées saint Bernard.

Par Marine HAY
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Vendredi 14 août 2009

Clothilde Reiss et Nazak Afshar sont jugées par un tribunal Iranien. Dans ces deux cas, distincts l'un de l'autre, la France a permis -ou tente d'obtenir- la libération sous caution des deux inculpées.

 

Le grand sujet qui semble passionner tous les médias est de savoir quand, et comment Clothilde Reiss sera libérée. Après la caution de Nazak Afshar, , s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'Euros, on pleure, on s'insurge. Et c'est normal. Le rôle de la diplomatie française est en effet de libérer une jeune Française sous le joug d'un régime anti-démocratique, et dont le seul tort est de s'être joint à un peuple en colère. Mais comment? N'y a-t- il pas d'autres moyens que de jouer les vaches à lait? Payer une rançon- oups! Quel lapsus! Je voulais dire caution bien sûr!- est-ce la seule chose à faire?

 

Et puis une question me tarabiscote. A quoi joue l'Iran? Quelle est la logique de tout ce cinéma, si tant est qu'il y en ait une? Encore une démonstration de force? Montrer à la France que l'Iran se moque bien de ses valeurs? Faire payer les velléités de ses ressortissants à un Pays qui brandit à tout va la laïcité comme un impératif... Voilà quelques pistes. Alors céder aussi facilement, avouer, la queue entre les jambes, que l'ambassade de France avait pour ordre de laisser entrer les manifestants pour les protéger s'ils le demandaient, et passer à la caisse pour récupérer notre vilain petit canard, je trouve que ça manque d'éclat. Ce n'est pas digne de K. Car, avec un gouvernement aussi excessif, la loi du Tallion s'impose: oeil pour oeil, dent pour dent. On récupère, et sans contre partie notre petite Française, ou on stoppe le peu de contacts qu'il y a entre les deux pays (plus d'ambassadeurs, on renvoie l'invité de la Rue Fresnel chez lui). Bref, on montre les crocs. C'est musclé, mais pragmatique! Mettre la pression pourrait tout à fait faire avancer les choses. La preuve, est ce qu'on a arrêté un américain? Alors, quand la diplomatie baisse son froc, qu'on utilise les grand moyens!

Par Marine HAY
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Jeudi 6 août 2009

Pour comprendre le moyen orient, il n'est pas toujours nécessaire de le visiter. Tout simplement parce qu'on est un touriste et que les locaux nous considèrent comme tel. Au fond d'un bus climatisé, au bord d'une piscine chlorée, ou attablé autour d'un buffet plus français qu'exotique, il est difficile de cerner ce qui fait la vie quotidienne des Turcs, des Iraniens, des Égyptiens, ou des Afghans (à l'époque où il y avait encore des touristes, et ça remonte à loin). La télévision bien sûr apporte son lot de vérité, mais souvient brute, sans les clés d'un monde de conventions et de sous-entendus.

 

Heureusement, il y a les livres. Ah! Passer quelques heures à voyager, à sentir, à voir, et à s'émouvoir. Plusieurs écrivains se font les passeurs d'un monde à l'autre. C'est un statut qu'il revendique à force de mots. Plusieurs d'entre eux ont vécu "là-bas", les premières années de leur vie, avant de fuir leurs pays: Khaled Hoseini, Atiq Rahimi. D'autres se sont servis d'une atmosphère qui leur est familière, de coutumes et de traditions familiales, comme Elif Shafak et sa bâtarde d'Istanbul. Tous ont pour point commun de connaître le mode de pensée occidental, au point de l'avoir souvent assimilé. Grâce à leur littérature, ils replongent au coeur des souks de leur enfance avec nostalgie et nous emmenent avec eux.

 

Alors, parez vous de vos plus beaux bijoux clinquants, d'une Oud envoutante, entrainez vous au youyous et rentrez dans le monde merveilleux des mille et un livres.

 

Par Marine HAY
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Jeudi 6 août 2009
Khaled Hoseini, Les cerfs-volants de Kaboul


Les cerfs-volants. C'est enfantin. Les enfants du monde entier y jouent. Mais à Kaboul c'est une véritable compétition qui anime les rues, lorsqu'à la fin de l'hiver, la neige parsemant encore les trottoirs, les petits Kaboulis s'affrontent pour savoir qui fera voler son cerf-volant le plus longtemps.

Il fut un temps où les commerçants, le propriétaires terriens, vivaient dans une opulence toute occidentale: grosse voiture, cigare et alcool. Puis survint la guerre, ils perdirent tout. Le père d'Amir fait partie de ceux-là. Homme de pouvoir, il est veuf et vit dans sa demeure avec Hassan, son serviteur et le fils de ce dernier, Sohrab. Baba, comme l'appelle Amir, ne fait pas la prière. Il emmène volontiers son filsau cinéma, et ne crache pas devant un petit verre. Alors quand la guerre lui fait tout perdre, il décide de fuir. D'abord au Pakinstan, puis aux Etats-Unis. Pour lui, le rêve américain a l'odeur de l'essence dont il remplit les grosses berlines à la pompe. Amir, pour sa part, prend un nouveau départ. Il étudie, et oublie. Il essaie, du moins. Il oublie sa jalousie, son irresponsabilité, son acte impardonnable. Il grandit, aussi. Au sein de la communauté afghane aux Etats-Unis, il se marie. Et un jour, Baba est malade, il meurt quelques mois après. La vie continue. Jusqu'à ce jour. Ce jour, où le téléphone sonne et où son passé le rattrape. Alors qu'il mène une vie rangée, sans histoires, il doit retourner dans le pays qui l'a vu naître, pour sauver un enfant. Et cet enfant est la clé de son repos, du rachat de sa conscience. Il va replonger, dans un afghanistan qu'il ne reconnaît pas et qu'il va devoir affronter.

Le premier roman à succès de Khaled Hoseini présente un thème omniprésent dans l'oeuvre et dans la vie du romancier, celle de l'enfance, et de la paternité. Un sujet tout aussi important dans le subconscient du moyen orient, où les enfants sont choyés, considérés comme des êtres purs, et signe de richesse. Autre thème récurrent, de Khaled Hoseini, la piété. Le père, impie mais moral s'oppose aux talibans qui pronent une religion stricte et cruelle. Entre ses deux figures, celle de l'homme qui s'en remet à Dieu, lorsqu'il est perdu.

 

Khaled Hoseini, Les Cerfs-volants de Kaboul link

Par Marine HAY
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Mercredi 5 août 2009




Quand une jeune Américaine d'origine arménienne, Armanouch Tchakmachian, débarque à Istanbul chez sa belle-famille Turque, les Kazanci, elle ne s'attend pas à découvrir un clan aussi hétéroclite. Avec Asya, une jeune fille de son âge, en conflit perpétuel avec sa mère, elle va découvrir les beautés d'Istanbul, les touristiques, et les moins visibles, celles que fréquente Asya, et ses amis. Entre les deux jeunes filles, un dialogue va se nouer, sur la question du génocide arménien, qui nous est donné à voir à travers les visions d'une des tantes. Elles évoquent aussi aussi la vie des femmes, aux Etats-Unis, et en Turquie, leur éducation, leurs amours, leur avenir. Il faut dire que l'oeuvre d'Elif Shafak est aussi une ode à la femme turque, mystique, scandaleuse, toujours tourmentée. Elles sont omniprésentes dans son œuvre, à moins que ce ne soit les hommes qui soulignent leur exubérance par leur silence, leur lâcheté et même leur culpabilité.

 

Elif Shafak, La Bâtarde d'Istanbul, chez Phébus. http://www.amazon.fr/B%C3%A2tarde-dIstanbul-Elif-Shafak/dp/2752902786.

 

Elif Shafak a écrit également Bonbon Palace. Si vous l'avez lu n'hésitez pas à en faire part.

 

 

Par Marine HAY
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